@book {404,
	title = {Faux trait{\'e} d{\textquoteright}esth{\'e}tique},
	year = {1998},
	pages = {149},
	publisher = {Paris-M{\'e}diterran{\'e}e},
	organization = {Paris-M{\'e}diterran{\'e}e},
	address = {Paris},
	abstract = {<p>R{\'e}sum{\'e} descriptif:</p><div>Benjamin Fondane annonce d\&rsquo;embl{\'e}e dans son Faux trait{\'e} d\&rsquo;esth{\'e}tique que la po{\'e}sie est en danger. La menace particuli{\`e}re qui p{\`e}se sur l\&rsquo;exp{\'e}rience po{\'e}tique \&ndash;depuis Platon jusqu\&rsquo;aux surr{\'e}alistes, en passant surtout par les po{\`e}tes eux-m{\^e}mes qui se seraient laiss{\'e}s contaminer par la rh{\'e}torique, par la \&laquo;logique\&raquo; surr{\'e}aliste et par la conceptualisation de la po{\'e}sie\&ndash; serait son asservissement {\`a} la pens{\'e}e rationnelle. Or le po{\`e}te, dit Fondane, doit reprendre son droit {\`a} l\&rsquo;ignorance, limiter les d{\'e}g{\^a}ts de la raison sociale et de l\&rsquo;utilitarisme pour retrouver enfin la foi en la po{\'e}sie.</div><div>\&nbsp;</div><div>Ce rejet des po{\`e}tes par la soci{\'e}t{\'e} trouve son origine dans la R{\'e}publique de Platon, qui refuse de leur attribuer une place parce que la po{\'e}sie {\'e}chapperait aux lois de la raison et de la v{\'e}rit{\'e}. Fondane reproche aux artistes de se conformer tout bonnement {\`a} un syst{\`e}me qui pose la v{\'e}rit{\'e} rationnelle comme unique valeur morale, plut{\^o}t que d\&rsquo;assumer et de d{\'e}fendre contre lui une pens{\'e}e absurde, magique. Il accuse notamment les surr{\'e}alistes de causer un tort irr{\'e}parable {\`a} la po{\'e}sie, en l\&rsquo;assujetissant {\`a} la raison tout en faisant mine de la placer au-del{\`a} (ou en de{\c c}{\`a}) de toute raison.</div><div>\&nbsp;</div><div>Fondane en a enfin contre les po{\`e}tes eux-m{\^e}mes qui ont voulu redonner du prestige {\`a} la po{\'e}sie en la for{\c c}ant du c{\^o}t{\'e} de la philosophie. Or la po{\'e}sie, au lieu de se soumettre {\`a} ce que l\&rsquo;auteur appelle une conscience honteuse, doit \&laquo;perdre absolument conscience de ce qu\&rsquo;elle est\&raquo; (p. 142). L\&rsquo;essai de Fondane propose donc une critique rigoureuse et originale de la pr{\'e}tendue autonomisation des arts (de la po{\'e}sie en particulier), et un rappel de la fondamentale n{\'e}cessit{\'e} devant laquelle se retrouvent d\&rsquo;une semblable fa{\c c}on l\&rsquo;homme et l\&rsquo;art : sortir de soi, quitter la rectitude morale et l\&rsquo;unit{\'e} simple du m{\^e}me, envisager son autre.</div><div>\&nbsp;</div><div>R{\'e}sum{\'e} interpr{\'e}tatif:</div><div>\&nbsp;</div><div><div>Dans Faux trait{\'e} d\&rsquo;esth{\'e}tique, Benjamin Fondane cherche {\`a} lib{\'e}rer la po{\'e}sie de la raison, qui selon lui menace l\&rsquo;ensemble des manifestations artistiques contemporaines. Il s\&rsquo;attaque plus particuli{\`e}rement {\`a} la tendance qui fait de l\&rsquo;utile et du rationnel le salut de la soci{\'e}t{\'e}. En abandonnant la pens{\'e}e mystique au profit de la pens{\'e}e cart{\'e}sienne, devenue l\&rsquo;id{\'e}ologie dominante, l\&rsquo;homme s\&rsquo;est {\'e}loign{\'e} de sa propre r{\'e}alit{\'e} jusqu\&rsquo;{\`a} ce que celle-ci lui soit {\'e}trang{\`e}re. Quant {\`a} la po{\'e}sie, prise dans le pi{\`e}ge de la structuration des connaissances, elle a commis l\&rsquo;erreur de chercher {\`a} se justifier par l\&rsquo;{\'e}laboration de principes pr{\'e}tendument {\'e}thiques qui l\&rsquo;ont ali{\'e}n{\'e}e de sa v{\'e}ritable nature.</div><div>\&nbsp;</div><div>Fondane relie la premi{\`e}re crise de la po{\'e}sie au romantisme allemand, qui prive la po{\'e}sie de son contenu et de son mode propre d\&rsquo;appr{\'e}hension du r{\'e}el en justifiant a posteriori l\&rsquo;acte po{\'e}tique par la connaissance intuitive. Fondane reproche ensuite {\`a} Val{\'e}ry d\&rsquo;avoir confondu les activit{\'e}s philosophique et po{\'e}tique, for{\c c}ant la po{\'e}sie dans le goulot de la pens{\'e}e rationnelle. L\&rsquo;impasse survient enfin avec les surr{\'e}alistes qui, en d{\'e}veloppant une raison n{\'e}e de l\&rsquo;irrationnel, ont enferm{\'e} la v{\'e}rit{\'e} po{\'e}tique {\`a} l\&rsquo;int{\'e}rieur d\&rsquo;une m{\'e}thode, sinon d\&rsquo;un dogme.</div><div>\&nbsp;</div><div>Ainsi, depuis Platon qui refuse \&laquo;{\`a} la po{\'e}sie le pr{\'e}dicat du r{\'e}el\&raquo; (p. 89), jusqu\&rsquo;aux modernes qui {\'e}vitent \&laquo;l\&rsquo;{\^e}tre v{\'e}ritable de leur r{\'e}el\&raquo; pour se consacrer {\`a} \&laquo;un art qui assure la primaut{\'e} au non-{\^e}tre\&raquo; (p. 97), le po{\`e}te a perdu confiance en la po{\'e}sie, la d{\'e}classant au profit de la connaissance scientifique. Or l\&rsquo;ensemble de nos rapports au vivant {\'e}tant r{\'e}gi par la raison, l\&rsquo;artiste moderne se trouve soumis {\`a} un profond d{\'e}chirement : \&laquo;[e]n tant qu\&rsquo;homme, il croit {\`a} une r{\'e}alit{\'e} naturelle et m{\'e}canique qu\&rsquo;en tant qu\&rsquo;artiste il ne peut que repousser de toutes ses forces ; mais il ne parvient pas {\`a} croire, en tant qu\&rsquo;homme, {\`a} ce qu\&rsquo;en tant qu\&rsquo;artiste il tient pour vrai\&raquo; (p. 106). Pourtant, souligne Fondane, les v{\'e}rit{\'e}s po{\'e}tiques ont surv{\'e}cu alors que nombre de v{\'e}rit{\'e}s physiques, astronomiques, politiques, {\'e}conomiques et th{\'e}istes se sont dissoutes. L\&rsquo;avantage du po{\`e}te tient justement au fait qu\&rsquo;il n\&rsquo;{\'e}vite pas les contradictions \&mdash;qui sont dans la nature m{\^e}me de la po{\'e}sie\&mdash; contrairement au philosophe qui, selon Fondane, ne peut tol{\'e}rer les v{\'e}rit{\'e}s contraires {\`a} sa d{\'e}finition ou {\`a} son id{\'e}al du vrai.</div><div>\&nbsp;</div><div>La po{\'e}sie, en l\&rsquo;occurrence, n\&rsquo;est ni un simulacre, ni une substitution, ni une reproduction de la r{\'e}alit{\'e} ; elle est un acte de participation au r{\'e}el. Le sujet ne doit donc pas se contenter d\&rsquo;avoir conscience de son monde, comme le voulait le cogito cart{\'e}sien, mais en faire l\&rsquo;exp{\'e}rience. C\&rsquo;est l{\`a}, hors de tout doute, que la po{\'e}sie trouve sa n{\'e}cessit{\'e} : dans le mensonge n{\'e}cessaire {\`a} l\&rsquo;homme pour fuir le r{\'e}el rugueux {\`a} {\'e}treindre, car \&laquo;la vie forte et ascendante n\&rsquo;a droit qu\&rsquo;{\`a} l\&rsquo;illusion\&raquo; (p. 139). Il n\&rsquo;y a que dans cette sortie des faux pr{\'e}ceptes d\&rsquo;intelligibilit{\'e} (le Beau id{\'e}al) et d\&rsquo;{\'e}l{\'e}vation de l\&rsquo;art (le Bien moral) que la po{\'e}sie est possible ; la po{\'e}sie non comme domination mais comme exp{\'e}rience du r{\'e}el, c\&rsquo;est-{\`a}-dire comme \&laquo;pens{\'e}e aux prises avec le r{\'e}el ultime\&raquo; (p. 140).</div></div><p>Source : Interligne - UQ{\`A}M (http://www.interligne.uqam.ca/pages/liste_biblio.asp)</p>},
	author = {Benjamin Fondane}
}
